Durant toutes ses années, j'ai voulu la paix, j'ai voulu autre que la violence, autre que les préjugés, autre chose que cette souffrance qui m'envahissait. J'ai changé d'air, changé de monde, changé d'âme. Dans ma nouvelle demeure, j'ai trouvé angoisse, chagrin, blessure, mais j'ai trouvé aussi guérison, j'ai trouvé soulagement, bonheur, indépendance, la chose la plus belle que j'ai trouvée, c'est moi. C'était mon petit coin de paradis à moi.
Ce monde m'est enlevé, je me le suis enlevé moi-même en préférant abandonner, certains me disent de ne pas prendre ça comme un échec, mais comme une façon de prendre une pause et de revenir en force. Cette décision est pour moi, un échec, car c'était mon coin de paradis, mon changement à moi, je me suis ramenée à la case départ, à mon lieu de souffrance, à ma prison.
Cela fait maintenant 1 semaine que j'y suis revenue, 1 semaine jour pour jour et j'ai l'impression que j'y suis depuis 1 mois entier. Je n'ai pas pleuré une seule fois, je garde tout à l'intérieur, car je n'ai pas envie d'écouter cette peine, je l'a considère trop puissante et de me rendre compte de tout le mal que ce départ puisse me faire, peut me faire aller encore plus mal.
Je ne dors plus la nuit, je fais semblant le jour, je fais semblant le soir, je ne suis pas vraie envers moi-même. La nostalgie m'emballe à tout moment. J'ai fait des erreurs, j'ai fui un lieu, j'ai fui une vie qui me rendait heureuse, mais c'est lorsque l'on quitte quelques choses qu'on se rend compte de l'importance que cela avait pour nous. J'ai des regrets, certains diront que je ne me bas pas, que je m'apitoie. Je pourrais ignorer tout ça, je devrais peut-être? J'en suis incapable, la rage me ronge par en dedans, le mal.
Je ne fais que penser à cette vie que j'avais, il y a si peu de temps et le c½ur m'en brise, car je m'en suis éloignée, sans m'en rendre compte. J'aurais pu changer les choses, en profiter, continuer à vivre, réellement. Continuer à être moi-même. Aux lieux de ça, je me suis perdue dans mon bonheur. Résultat; regrets, angoisse, tristesse, abandon. Je me suis abandonnée.
J'ai le c½ur brisé. Je suis en peine d'amour. Elle m'a brisé le c½ur, elle m'a abandonner, elle m'a oubliée, elle a cesser de s'occuper de moi, elle ne m'a pas écouté où plutôt, c'est moi qui ne l'ai pas écouté, qui ne me suis pas occupée d'elle, qui l'ai oublier, elle et ses envies, elle et ses besoins, elle et ses valeurs auxquelles elles tenaient. Je lui ai brisé le c½ur et elle est partie au loin, je me suis éloignée d'elle et elle est resté dans cet appartement que j'ai quitté. Elle me manque tellement, cette personne qui était; moi. Peut-on dire que nous sommes en peine d'amour de soi-même?
Je n'envisage même pas aimer quelqu'un d'autre, aimer un homme ou une femme. L'amour me fait peur. Existe-t-elle de toute façon? Je réfléchis beaucoup oui, certains me diront; cesse de te morfonde et change-toi les idées. À quoi bon se changer les idées si ce n'est que pour éviter cette réalité? Je déteste me sentir comme ça, je déteste vivre comme ça, avoir cette attitude. Mais je ne peux m'en empêcher, tant que je n'irai pas bien, tant que je ne serai pas en paix je serais dans cet état, car je ne peux fuir la réalité, je dois l'affronter pour enfin vivre. Je dois prendre cette pause pour réfléchir et réaliser les erreurs que j'ai commis pour ne pas les refaires.
Je ne sais même plus qui je suis aujourd'hui, ni ce que je désire être. Je ne me connais plus, je ne me reconnais plus. Je ne sais plus de quoi j'ai envie, ce que je désire faire, je ne sais plus rien. Je ne suis plus rien.
Ce soir j'ai versé quelques larmes, seulement deux en fait. Ce n'est pas assez pour toute la souffrance qui m'envahie, pour toute la colère et la tristesse qui me gruge ma vie, je sais. Je n'ai pas envie de pleurer, je sais que je devrais. Je dois pleurer, laisser les émotions sortir, laisser s'exprimer l'enfant en moi qui veut crier sa rage au monde, qui veut pleurer. Je devrais, mais j'ai peur de cet enfant, car je ne connais pas la force que sa peine peut avoir sur mon c½ur, je ne sais pas si je peux le supporter.
J'ai mal, j'ai pu de mots, j'ai mal et je m'exprime, je me répète car c'est tout ce que je suis capable de faire pour le moment, mettre des mots sur mes sentiments. Je ne suis pas prête à les vivres.
Ce que je réalise maintenant c'est que je dois écouter mes sentiments, je dois les écouter, mais surtout les vivres, c'est ce qui fait d'une personne, quelqu'un de vrai. C'est le début à tout, s'écouter et surtout de nous laisser s'exprimer. Trust the voice within, c'est sensé être ma devise, je dois la suivre, c'est ma devise, ce en quoi je crois. Parfois la peur contrôle nos vies, il ne faut pas la laisser gagner, il faut l'affronter. Après relecture de tout ce que je viens d'écrire, je réalise que le début à tout, le début de la paix, le début de ma paix; c'est d'être vrai et de laisser aller mes émotions, de pleurer un bon cout si c'est ce que je ressens à l'intérieur. Refusez ma peine, refuser ma douleur, c'est me refuser moi-même. Je parle d'authenticité, je parle de loyauté, de parle de me sentir bien, vrai et surtout de me sentir moi-même, mais je me refuse en ne m'écoutant pas, je ne suis pas moi en refusant ce qui bouillonne en moi, je ne suis pas moi en évitant mes émotions. Je transmet une idée à mon cerveau que je ne vaut pas la peine de m'exprimer, j'envois une image a mon cerveau que mes émotions ne valent pas la peine d'être exprimer, mais je vaut la peine. Trust the voice within, c'est ma devise.



